Chapitre 4

HOOCH (de) Pieter,1664 - Femme lisant une Lettre devant la Fenêtre ouverte (Budapest)

        Dix jours plus tard, en milieu de matinée, un courrier arriva au domaine de Savigny. Il sauta de cheval et annonça, essoufflé, au valet venu l'accueillir, qu'il avait un message urgent pour Madame la Comtesse. Le domestique accompagna le brave homme à l'office pour qu'il puisse se rafraîchir en attendant la réponse de la maîtresse des lieux. Ensuite, il transmit la missive au majordome, Monsieur Jacques Dumont.



        Le serviteur trouva la Comtesse dans son cabinet et lui tendit le pli :

            - Madame, le messager attend une réponse à l'office.

            - Bien, merci, Monsieur Dumont. Je vous donnerai ma réponse sitôt ma lecture achevée.

            - Oui, Madame.


        Madeleine ouvrit la lettre cachetée du sceau de son mari. Elle commença à la parcourir, quelque peu étonnée de découvrir une autre écriture que celle de son époux. Le souffle coupé, elle s'assit un instant. Inconsciemment, ses mains se serrèrent un peu plus sur le papier. Elle venait d'apprendre que Jean était grièvement blessé, même mourant. Se reprenant, elle s'efforça de prendre connaissance de la suite. Malgré les émotions qui tourbillonnaient en elle, elle se savait sans autre choix que d’obéir. Elle essuya discrètement quelques larmes échappées de ses yeux et s'installa à sa table d'écriture pour annoncer à Jean qu'elle suivrait ses directives. Tout en écrivant, elle informa son majordome de sa décision :

            - Monsieur Dumont, dites au messager que je respecte la décision de mon mari. Je confie, à ses soins, cette lettre pour lui. Ensuite, revenez me voir. J'aurais deux autres lettres à vous remettre, pour le couvent et pour le collège.

    Jacques sortit. Prenant une grande respiration pour tenter de s'apaiser, sa maîtresse rédigea les deux autres courriers, la main tremblante. Elle informait ainsi les enseignants de son fils et de ses trois filles aînées que son mari avait été grièvement blessé au service du roi, et les chargeait d'en informer les enfants.


            Dans celle destinée au collège de Christophe, elle priait, en plus, le directeur de prévenir son fils de la venue d'une voiture pour le ramener au domaine. Elle souhaitait néanmoins que leur meilleur enseignant fût désigné comme précepteur du futur Comte. En effet, bien que le jeune homme ne fût plus pensionnaire de leur établissement, elle désirait assurer une continuité dans son éducation. La charge qui attendait son fils se révélerait bien assez lourde, songeait-elle, le cœur serré, sans qu'on lui ajoute un autre changement. Ce professeur particulier s'assurera qu'il continuera à recevoir une instruction digne de son rang. Il participera également à sa formation pour son rôle à venir.


            La Comtesse apposait son sceau sur les lettres lorsque le majordome entra :

            - J'ai remis la lettre au messager et je lui ai transmis votre message, Madame.
            - Envoyez-moi également ma femme de chambre.
            - Tout de suite, Madame.
            - Fort bien, voici la lettre pour la mère supérieure du couvent de mes filles, et voici celle pour le collège de mon fils.

            - Bien, Madame. J'envoie quelqu'un les porter à leurs destinataires sans délai.

            Jacques sortit, laissant sa maîtresse avec ses pensées. Il prévint la femme de chambre et envoya deux valets porter les lettres.


Celle-ci entra :

              — Me voici, comme demandé, Madame.

              — Je me sens lasse. Une terrible nouvelle m’est parvenue. Je veux me reposer un peu avant le dîner.

              — Bien, Madame… Si Madame le permet, puis-je demander à Madame… quelle est cette nouvelle qui la peine tant ?
              — C'est Monsieur le Comte, Jeanne. Il est grièvement blessé. Maintenant vous savez… Aidez-moi à me mettre à l'aise.
              — Oui, Madame. Si Madame me permet… je voudrais dire que je suis désolée pour Monsieur et que j’espère qu’il guérira vite.
              — Merci, Jeanne.

            Pendant que les deux femmes parlaient, Jeanne aida sa maîtresse à se mettre à l'aise et à s'allonger sur son lit. Une fois cela fait, la femme de chambre sortit.


            Une fois seule, Madeleine s’interrogea, inquiète, sur l’avenir de la Maison de Savigny et de sa famille :

            « Qui dirigera le domaine ? Comment vivrons-nous tous ? Christophe est encore si jeune… pourra-t-il prendre soin de ses sœurs et de moi, gérer le domaine, régler les gages des domestiques ? Je dois tenir, être à la hauteur. Je vais me reposer jusqu'au dîner et j’aviserai ensuite. »


            La Comtesse resta dans sa chambre. Peu de temps avant le dîner, tandis que l’horloge s’apprêtait à scander les douze coups marquant le milieu de la journée, elle sonna sa femme de chambre :

            — Me voici, Madame.

            — Qu'ai-je à mon programme de cet après-dîner ?
            — Je l'ai demandé à votre dame de compagnie, Madame… Je pensais bien que vous le demanderiez.
Alors ce programme ?!

            Face à l'impatience de sa maîtresse, Jeanne s'empressa d'énumérer les tâches qui attendaient celle-ci :

            — Après le dîner, d’abord vous irez voir la pouponnière pour Mademoiselle Eleanor et vous assurer que Mademoiselle Louise sait bien ses petites leçons de bonnes manières.

            — Ensuite, les dames du voisinage viendront pour la collation.

            — Et puis, après leur visite, il est prévu que vous receviez le régisseur du domaine pour un entretien.

            Madeleine donna alors ses directives :

            — Bien. Sortez-moi une robe noire de soie, au tombé discret, ornée de galons ton sur ton.

            — Quant à la coiffure, optons pour un chignon.
Il me faudra un mantelet ainsi qu’une ombrelle : nous proposerons aux dames d'admirer les jardins. Je les recevrai dans le salon d’apparat.
            — Je recevrai le régisseur dans la bibliothèque.

            Jeanne hocha la tête et commença à préparer la toilette de sa maîtresse.

            — Bien, Madame, voici votre robe.

            — Aidez-moi à la mettre.

            La femme de chambre aida sa maîtresse à se vêtir. En plus de s’assurer du tombé parfait de la robe, elle apporta un soin et une attention toute particulière à la coiffure de celle-ci. Par ses gestes habiles et maîtrisés, Jeanne espérait lui offrir un moment de détente. Au-delà de ce soin, elle savait que la Comtesse devait apparaître parfaite. L’une comme l’autre ne pouvaient se permettre la moindre négligence. Juste au-dessus du chignon, la jeune domestique plaça un peigne doré, serti d’une pierre du même bleu que les yeux de Madeleine. Elle savait que cet accessoire, souvenir de sa vie à la cour d’avant son mariage, invisible aux yeux des autres, apporterait à sa maîtresse un sentiment de réconfort et de maîtrise. Une fois son œuvre achevée, elle se hâta de transmettre les ordres de l’épouse du Comte à Mme Dupont, l’intendante de la maison.


            Madeleine dîna seule dans la salle à manger, comme tous les jours depuis un peu plus de deux mois, suite au départ de ses aînés dans leur pensionnat respectif.


            En ce début d’après-midi, la Comtesse pénétra dans la pouponnière. Ces appartements avaient bien changé depuis sa première visite, le lendemain de son mariage. Les naissances successives et les jeunes enfants animaient ces lieux. Sa petite dernière semblait ne pas remarquer sa présence, fort occupée à pousser un petit chariot. Catherine, la nourrice, exécuta une parfaite révérence pour la saluer. D’un signe discret, la mère autorisa Catherine à se relever. La nourrice, désormais expérimentée, s’occupait des enfants depuis la naissance des jumeaux, treize années auparavant.
            Eleanor marqua une pause dans sa course, réalisant sans doute enfin la présence de sa mère. Elle l’observa un moment. Madeleine profita de ce regard tourné en sa direction. Elle s’accroupit auprès de sa fille et la prit dans ses bras, la cajolant à voix basse. Cette brève étreinte parut, malgré la surprise, contenter la petite qui se blottit dans ses bras, un sourire illuminant son visage. Ce simple contact, si tendre et naturel, déposa un peu de baume et de douceur sur le cœur inquiet de la Comtesse. Après un rapide baiser sur les joues, elle la reposa délicatement, ayant pris soin de réajuster son bonnet. Aussitôt au sol, Eleanor aperçut un jeune chat devant la cheminée et décida de le poursuivre.


            Madeleine se redressa et adressa un sourire de satisfaction à Catherine avant de s’installer sur un fauteuil près de la cheminée, de manière à observer la petite.

            La porte s’ouvrit sur Louise et sa bonne, Françoise. La domestique salua sa maîtresse d’une révérence et poussa légèrement sa protégée vers sa mère. La fillette s’avança et exécuta une légère révérence :

            — Bonjour, Mère.
            — Bonjour, Louise, comment vous portez-vous ?
            — Bien, merci, Mère.
            — Venez, vous installer près de moi. Qu'avez-vous fait aujourd’hui ?
            — J'ai dit mes prières avec ma bonne, puis j’ai mangé mon déjeuner, et après j’ai fait une promenade, et après on a parlé de Jésus et après c’était le dîner. Et avant de venir, ma bonne m’a demandé de l’aider à trier des bobines de fils.
            — Je vois, mon enfant. Vous montrez-vous bien obéissante et sage avec Françoise ?
            — J’essaie, Mère. Comme Virginie et vous me l’avez demandé.
            — Mademoiselle Louise, racontez à Madame votre mère comment étaient les bobines.
            — Il y en avait beaucoup… Des grandes, des petites et de plein de couleurs.
            — Et comment les avez-vous triés, Françoise et vous ?

            — On a mis ensemble les grandes et les petites d’un autre côté. Et après, ma bonne m’a fait dire les couleurs.

            — Voilà qui me semble une matinée bien remplie. Vous méritez bien un moment de récréation, je crois qu’Eleanor a besoin d’aide pour attraper ce chaton. Vous pouvez y aller.         

            Ravie que cet échange soit enfin terminé, Louise bondit sur ses pieds, fit une brève révérence à sa mère, puis partit rejoindre sa sœur.

            Madeleine félicita la bonne :

            — Louise progresse chaque jour. Continuez ainsi, Françoise.

            — Merci, Madame, répondit-elle avec une petite révérence.

            Sur ces mots, la Comtesse quitta la pièce.


            Madeleine se rendit ensuite au salon d’apparat. Elle s’assura que tout était prêt pour accueillir ses visiteuses. Elle nota avec satisfaction la présence discrète de Jeanne dans un recoin, prête à lui apporter mantelet et ombrelle pour la promenade aux jardins en ce premier après-midi d’octobre, ensoleillé mais humide.


            Les premières arrivantes furent annoncées. Commença alors, comme Madeleine se plaisait à l’appeler, la comédie sociale. Forte de sa formation à la cour, elle sourit à chacune, échangea quelques propos d’usage. D’un geste imperceptible pour ses convives, affûté tout au long de ses années de mariage, elle vérifia d’un regard que les domestiques leur proposaient un léger verre d’eau parfumé à l’orange, cet agrume tant apprécié du Roi.

            Une fois son auditoire réuni, la Comtesse de Savigny initia la visite prévue :

            — Mesdames, je vous propose de profiter du soleil pour parcourir les jardins du domaine. Les dernières floraisons le rendent particulièrement charmant. Nous n’en apprécierons que plus notre collation à notre retour.


            Madeleine fit un discret signe à Jeanne. Mêlant hâte et délicatesse, la servante, vêtue d’une pelisse de laine, recouvrit les épaules de sa maîtresse avec son mantelet.


            L’hôtesse, son ombrelle à la main, ouvrit la marche. Le clocher de l’église du village égrainait quinze coups.

            Le petit groupe s’engagea dans l’allée principale, bordée de buissons soigneusement taillés dont les feuilles retenaient la rosée. Quelques asters et œillets tardifs persistaient dans les parterres, leurs couleurs assourdies par l’humidité. Madeleine régla instinctivement son pas sur celui de ses invitées. Il ne fallait ni presser la promenade, ni la laisser s’étirer en conversations dispersées.
            Elle prêtait une oreille attentive aux propos échangés derrière elle, sans jamais s’y mêler tout à fait.
            La soie ne frôlait pas la terre. Jeanne avait pensé aux jupons plus courts, et Madeleine s’en félicita en silence. La marche restait aisée malgré le sol humide, et cette liberté de mouvement lui permit de demeurer pleinement attentive à son rôle d’hôtesse. La lumière d’octobre, filtrée par l’ombrelle, illuminait juste assez la robe noire pour en révéler la finesse du tombé, sans rompre la sobriété de la période de deuil.

            Après une vingtaine de minutes à parcourir les allées et admirer les parterres d’automne, le petit groupe regagna le salon d’apparat, où Madeleine invita ses convives à s’installer pour la collation.

            Les dames prirent place autour d’une table spécialement dressée en leur honneur. Sur celle-ci trônaient, disposés par le personnel, de petits gâteaux, quelques fruits de saison et deux services de boissons : une eau parfumée à l’orange, comme celle proposée à l’arrivée, et un chocolat chaud, épais et odorant. Madeleine s’assit légèrement en retrait, observant du regard le confort de ses convives et la manière dont les domestiques veillaient à ce qu'aucune ne manquât de quoi que ce soit.
            Elle n’intervint que par un sourire ou un geste imperceptible pour remercier, laissant les valets compléter les verres ou servir de nouvelles bouchées. Les conversations restaient mesurées : quelques mots sur la fraîcheur inattendue de l’automne, sur les parterres qu’elles venaient d’apercevoir, quelques politesses échangées entre voisines. Rien qui dépassât ce qu’on attendait d’une visite de voisinage, et c’était précisément ce qu’elle recherchait.
            Elle savait reconnaître, à quelques gestes et silences, celles venues par réelle convenance et celles par intérêt. Dans tous les cas, visite et collation, sobres et brèves, remplissaient leur office : maintenir les liens, les relations.


            La dernière dame prit congé aux environs de seize heures. Une fois le salon rendu à son calme, Madeleine fit prévenir le régisseur et se rendit à la bibliothèque, laissant derrière elle les politesses de l’après-midi pour des affaires plus concrètes.


            Enfin, elle examina avec le régisseur les livres de comptes. La Comtesse l'encouragea à poursuivre le soin apporté aux terres du Comte et lui assura que celui-ci ne manquerait point de lui montrer sa reconnaissance pour un travail aussi consciencieux.


            Après avoir rempli toutes ses obligations, Madeleine se retira dans son cabinet pour souper.


            Une fois celui-ci terminé, elle s'installa à sa table d'écriture pour rédiger une lettre à l'intention de sa sœur cadette, Sophie de Barjac, devenue duchesse de Réant. Les deux sœurs conservaient une excellente relation et entretenaient une correspondance régulière. Elle relata dans sa lettre les derniers événements survenus. Elle confia à sa cadette la gravité des blessures de son époux, et sa peur qu’il en périsse. Elle mentionna également ses courriers aux établissements où étudiaient ses aînés, et sa décision d’obéir à son époux, en retirant Christophe du Collège pour le former à ses futures responsabilités.


            Madeleine achevait sa missive lorsqu’on frappa à sa porte :

            — Entrez !

Le majordome entra.

            — Ah, Monsieur Dumont. Eh bien, que voulez-vous ?
            — Madame, les messagers vous rapportent les réponses.
            — Eh bien ? demanda la Comtesse en s’impatientant.
            — La mère supérieure du couvent vous fait dire qu’elle informera vos filles de la situation comme vous le désirez, Madame. Quant au directeur du collège, il attendra votre venue en voiture pour demain après-midi, et assure que Monsieur Christophe sera prêt.
            — Vous pouvez disposer. Envoyez-moi cette impertinente de Jeanne, je vous prie. Cette fille, jamais présente quand on a besoin d’elle ! se plaignit la maîtresse de maison.
            — Oh, j’allais oublier. Faites parvenir ce pli à ma sœur, Madame la Duchesse Sophie de Barjac de Réant.
            — Bien, Madame.


            Peu de temps après la sortie du majordome, la femme de chambre de Madame, Jeanne, entra :

            — Le majordome m’a fait dire que Madame me demandait ?
            — Ah, te voilà ! Où étais-tu encore passée ? Voilà plus d’une demi-heure que je te sonne ! J’ai dû envoyer Monsieur Dumont te chercher. C’est inadmissible !
            — Que Madame me pardonne, j’étais sortie rendre visite à ma sœur malade, domestique au domaine voisin. Je viens de rentrer. Je pensais que Madame n’aurait plus besoin de moi jusqu'à votre coucher ce soir…
            — Vous êtes à mon service. Vous devez être prête à me servir en tout instant ! Vous irez voir votre sœur lors d'un congé !
            — Je ne vous paie pas pour cela. Pour la peine, je demanderai à Mme Dupont de retenir votre prochain jour de congé pour rattraper votre absence d’aujourd’hui. Vous travaillerez ce jour-là. Peut-être qu’ainsi vous apprendrez à servir vos maîtres correctement !
            — Mais Madame…
            — Estimez-vous heureuse ! À la prochaine incartade, vous perdez votre place !
            — Bien, Madame, je tâcherai de m’en souvenir… Merci, Madame, de cet avertissement.
            — Je l’espère bien, petite ingrate. Je vous ai tirée de la misère après tout… Bon, ce n’est pas tout. Ce n’est pas pour vous faire la leçon que je vous ai fait chercher, après vous avoir sonnée à maintes reprises. Maintenant, préparez-moi pour la nuit. 
            — Ensuite, vous irez prévenir la nourrice que je verrai mes filles demain matin. 
            — Après, informez Mme de Besnac que je souhaite annuler mes obligations de demain après-midi.
            — Puis, prévenez la cuisinière que je dînerai demain à midi sonnante, et qu’à partir de demain soir Monsieur Christophe et son nouveau précepteur seront parmi nous. Ils souperont en ma compagnie. 
            — Informez Mme Dupont que je souhaite la voir demain matin. 
            — Enfin, pour demain, je porterai, le matin : une robe de maison en taffetas noir, simple et sans ornement, avec un châle de lin noir ; et l’après-midi : ma robe de voyage en drap de laine noire, doublée de soie noire, ainsi que mon manteau et mon voile assortis… Tâchez que tout soit prêt pour une fois ! 
            — Bien, Madame, il en sera fait selon vos exigences. 

            Après avoir aidé sa maîtresse dans ses préparatifs nocturnes, Jeanne souhaita une bonne nuit à celle-ci et se retira pour exécuter ses ordres.

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